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Le déplacement à St Astier (Dordogne)

samedi 15 mai 2004

- Nous partîmes ? non, en fait je ne sais pas combien nous partîmes, ce vendredi gare d¹Austerlitz entre le quai numéro quatre - lieu de rendez vous - et le quai numéro sept, où nous attendait notre train. Organisation exceptionnelle, parfaite, deux chariots garnis de palettes de bières et de cubis de rouge, trois boites polystyrène géantes pour la horde de sandwiches préparés par Thierry, " deux par personnes et par repas, prière de pas bouffer les pains réfrigérants, ça vaut une fortune ". Sur le quai, avons laissé à regret notre Yaneth à nous ainsi que notre Bernard national. Une fois installés dans un calme plus beuglant que relatif, le pauvre monsieur qui partageait le siège avec moi s’est enquis de savoir qui nous étions. Devant la détermination de La Mugne lui expliquant avec sérieux que notre glorieux quinze parisien descendait défier la banlieue Toulousaine, devant les cubis et les canettes, notre valeureux passager n’a pas souhaité continuer en notre compagnie. Adieu l’ami.
- Grands moments, grandes chansons, bien bien bien, faites lui du bien, une histoire de pastis qu’on en boirait des tonneaux avec une tendance zoophile grenouillère crapoteuse très prisée des Ben et autres Djool, et qu’on devrait avoir l’occasion de réentendre sous peu. Des tuyaux dont nous nous demandâmes où diantre ils avaient bien pu passer en compagnie des manivelles et quelques nouveautés, n’est ce pas monsieur Fifi Genot, avec son hymne à la vache... (je suis une vache, meu-euh, meu-euh, j’ai perdu mes taches, meu-euh, meu-euh, je veux qu’on m’attache, meu-euh, meu-euh...). Ajoutez à cela un Hakaka impromptu afin de réviser, et vous comprendrez aisément qu’une bonne partie des glorieux voyageurs de cet homérique trajet ont bien du demander un remboursement à la Sncf. Autres points d’orgue, la Mugne en campagne présidentielle chantant " un escargot " et le discours de Rico, très ferme sur un point " alors écoutez les gars... ce soir au bar, les types qui vous feront boire, ce ne sont pas ceux contre lesquels vous jouerez demain. Ne tombez pas dans le traquenard ". Respectueux de son expérience, nous acquiesçâmes en ch½ur (saloperie de verbe à conjuguer, cui là). Et jurâmes de nous bien comporter.
- Parvenus après moult verres, chansons et tribulations à St Astier où nous attendaient Luluvi Lomu Nono et quelques gentils locaux avec des voitures, nous hakakâmes de nouveau de conserve avant de déposer nos affaires au camping, de couvrir les murs de la ville d’affiches à notre gloire, merci Fred, et d’aller prendre possession de notre QG local : le PMU, là où on boit comme on aime. Manque de bol, tenu par la famille de Rico. On a bien du arriver là bas vers 7h00. Certains n’en sont repartis que fort tard dans la nuit. Après quelques bières liminaires, tentative pour appeler Rony et lui faire partager l’ambiance. " Ici les P’tits pères... T’es où mon Rony ? ". " A un quart d’heure d’ici, répond l’homme à l’italienne rouge tandis qu’un vrombissement de moteur au loin dans mon téléphone tend à confirmer la chose : le Rony s’est libéré. A l’heure où je lui parle il traverse le petit village de Montenceix (Non ? Sisi, promis). " Mais tu fermes ta gueule ". Bon ok. Un quart d’heure plus tard, voilà l’Alpha qui pointe son museau devant le PMU. Nouba, ovation générale (ce qui contracté donne : ova...le, oui je sais c’est tiré par les cheveux) et retournée de bières, et puis encore et puis encore et puis encore...
- A minuit, moi j’étais au lit. J’appris le lendemain qu’en rentrant, Jean No avait joué les Johnny Weismuller et plongé dans la rivière glacée. Quant à Rico... oublieux de ses propres recommandations, il a du tomber dans un traquenard parce que j’ai entendu parler de draps un peu poisseux, de lunettes cassées et de grasse matinée forcée. Mais j’en dirai pas plus pasque je veux pas me fâcher non plus. M’enfin, traquenard c’était un joli mot, quand même.
- Lendemain matin réveil musculaire, trois tours de camping, répèt de quelques combis sur l’herbe à côté de la rivière. Gros soleil, petits travaux à 30% de nos possibilités. Je ne m’explique pas non plus l’air incrédule d’Alexis devant les combinaisons en touche, dû, paraît-il à quelques 102 purs sirotés sur le coup des deux heures du matin... Bref : pour être sûrs de faire la troisième mi temps dans la bonne humeur, nous PP avons trouvé une nouvelle solution : faire une grosse teuf’ AVANT même notre match. La " pré première mi temps ". A méditer. > A midi, re traquenard : confit frites comme le note Luluvi, à moins de deux heures du match. Maître Jacques et Rony laisseront deux frites chacun dans leur assiette : " pour le moral ".
- Rendez vous sur le pré. Petit échauffement concentré. Ambiance tendue dans les vestiaires du superbe terrain - où se jouera un 32 ème de finale de promo d’honneur le lendemain. Gros silence émaillé de gros soupirs et de bruits de crampons dans l’habituelle odeur d’avant match. Tigre tourne dans sa cage en essayant de pousser le vestiaire à coups d’épaules. Au moment de sortir, concentration. Les PP en bon ordre au centre du terrain. Nos adversaires ? Perdus de vus. Aux vestiaires ? Non pas. Voici venir une bétaillère modèle 1972 dont les occupants cognent les parois métalliques en choeur. Entrée en marche arrière sur le terrain. Les petits pères ne s’en laissent pas compter et entament illico un " je suis une vache, meu-euh, meu-euh ", du meilleur effet avant d’applaudir de bon c½ur. Et d’entamer un Hakaka consciencieusement préparé qui, de l’aveu de nos adversaires, en a imposé.
- Mêlées pas poussées. Coups de pied partout. Cagnard qui tape. Trois mi temps en perspective. Je n’ai plus le match tout à fait en tête. Première mi temps, les arrières PP tiennent la dragée haute à leurs homologues et sèment quelques essais comme on les aime. Oui Manu Brozek panique avant de marquer, moi aussi, avant de passer ma balle, oui y’a quelques fautes de mains, mais devant ça joue courageux, et derrière, les ballons sont bien exploités. J’ai souvenir d’un essai de Jean No sur l’aile droite, d’un de la Mugne sur un mauvais dégagement adverse, un de Manu Brozek, un de Djool servi après que Ben ait fait le trou, un de Jean Vallès qui transperce littéralement la défense et un de ???... J’ai la mémoire qui flanche. Bref, 6 essai petits pères. L’essai de Jean est d’autant mieux venu que la veille au bar il a paraît-il chambré l’adversaire d’un peu près. En retour, les Astierains nous pousseront deux cocottes pas piquées des vers qui aboutiront dans notre en-but. Démission en troisième mi-temps de maître Jacques parce que le candidat la Mugne avait entrepris de soutenir l’équipe d’en face. Beau comme du Rony, en effet. Au final, pas de blessé, hormis le coquard de Fred Lulu, mais je voulais pas le dire avant des fois qu’il aurait voulu faire croire qu’il l’avait ramassé en boîte de nuit... Enfin. Coup de sifflet final et serrage de mains. Haie d’honneur méritée pour tout le monde.
- Les Petits Pères viennent de remporter leur première victoire à l’extérieur, et en terre d’ovalie, encore. Alors on a fêté çà. Au club house. Puis au PMU, comme me l’a gentiment rappelé maître Jacques le lendemain matin alors que j’avais oublié pourquoi j’avais mal à la tête. Puis au restaurant où Yvo a initié Ximun au vin australien. Et où nombre de PP ôteront leur t-shirts pour chanter. Et où Manu Brozek s’intronisera directeur de campagne du candidat La Mugne à la présidence PP, histoire de devenir mécaniquement vice président en cas de victoire. Et puis dans un autre bar, sur la place où devait venir nous chercher un car pour Périgueux. Perso, je me suis arrêté là à cause de la fatigue du match (puisque je vous le dis), et je suis rentré avec Lomu en regardant les étoiles, mais il ne m’a pas dragué, je m’en souviendrai. Enfin, j’espère. D’aucuns (Rico, Fred Lulu, Ximun...) sont allés en boite, lorsque le car est arrivé vers deux heures du matin. Courageux... Il faut entendre Rico raconter aujourd’hui la descente des Pandores arrêtant le car pour cause de fesses aux vitres, ça vaut son pesant de cacahuètes, sauf que Rico ne peut plus parler pour quelques jours... Ils rentreront plus ou moins à pied au tout petit matin, si j’ai bien tout compris.
- Le troisième jour sera un jour de grosse fatigue avec vide grenier à St Astier et tournée des bars ici et là. En attendant un trente deuxième de finale un peu décevant qui a vu la victoire de Souillac contre j’ai oublié, mais ils jouaient en rouge. En attendant moi je préfèrais le sept rouge, beau joueur de rugby comme je les aime, qui s’est fait haïr et siffler par le public qui n’aimait pas 1/ les secondes lignes ? 2/les rouquins ? 3/les bons joueurs ?... Bref, même maître Jacques décidément très émotifs ces jours ci, quittera les tribunes avant l’heure. A retenir, un peu avant le train du retour la jolie performance de Jean No torse nu. " J’ai perdu mon t-shirt ". Rico lui tendra cinq euros pour s’acheter un t-shirt, lui interdisant de monter dans le train dans cette tenue. Et c’est avec une grande fierté que Jean No nous est revenu, toujours torse poil, mais acquéreur d’un sandwich tout neuf.
- Fatigue accumulée, teuf, alcool, auront raison de la légendaire délicatesse des PP qui se laisseront un peu plus aller dans les trains du retour. Pas habituel, pas toujours de bon goût, pas toujours bon esprit, il faut le dire et peut être faire gaffe à ne pas se laisser aller trop souvent comme ça... Ca, c’est une opinion personnelle. Cela dit, c’est pas grand chose comparé à cet excellent week end, excellemment organisé avec plein de gens sympas, du soleil, du rythme, une victoire, un ballon avec marqué 30 à 10 dessus que c’est rien de le dire, la perspective d’une revanche un jour... Rien à redire, sinon encore merci à tous les organisateurs, à la famille de Rico, et à tous ceux qui nous ont reçus. Sûr que j’ai oublié de dire des trucs, comme le gentil vieux monsieur qui s’était déguisé en homme sandwich avec nos affiches sur le dos et qui gueulait partout dans St Astier " Grrrrrrand match de rugby cette après midi "... Façon Paul Préboist... sûr qu’on a vécu plein d’autres choses, mais dans l’ensemble, c’est à peu près ça. Quant au retour avec les CRS goguenards, au bout du quai, je vous l’ai déjà faite, celle-là.